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Objectif Kyoto atteint…aussi parfait que ça ?

La RTS a diffusé un reportage dans son 19 :30 du 10 avril au sujet de l’objectif de la Suisse dans le cadre du protocole de Kyoto. Ce reportage fait référence au communiqué de l’Office Fédérale de l’Environnement annonçant une baisse de 9% des émissions de CO2 par rapport aux émissions de 1990 (l’objectif était de 8%).

Très bien, l’objectif est atteint ! Mais comme le fait justement remarquer le journaliste, la Suisse a « effectivement » diminué ses émissions de CO2 d’un peu plus de 1%. D’où vient la différence ? Des certificats de compensations qui sont des papiers valeurs générés par la réalisation de projets climatiques dans d’autres pays. Comme le souligne Dominique Bourg (Groupe Transition Ecologique UNIL)), la réduction des émissions de CO2 a effectivement lieu et il ne s’agit pas de tricherie

Cependant, il est temps que la réflexion aille plus loin…

Dans le cadre du protocole de Kyoto, les émissions de CO2 prises en compte pour chaque pays sont celles générées à l'intérieur du pays. Ce qui signifie que les émissions générées par la production des produits que nous importons ne figurent pas dans notre bilan CO2 national, mais dans celui du pays producteur. Nous pouvons donc consommer autant que nous le souhaitons tant que nous nous servons dans notre « super marché » - la Chine ! On entend souvent les gens dire : «  je ne vois pas pourquoi on s’occupe des émissions de CO2 en Suisse alors que d’autres grands pays comme la Chine ou les Etats-Unis ne se gênent pas pour polluer ». Vous voyez certainement le paradoxe : on affiche un bilan CO2 d’ « élève parfait » en chargeant la Chine, l’Inde ou d’autres pays. Alors oui, ces pays ont leur part de responsabilité dans la réduction des émissions de CO2 mais même s’ils n’ont pas d’objectif de réduction d’émissions de CO2 dans le cadre du protocole de Kyoto, cela ne signifie pas qu’ils restent inactifs.

La solution ? Si on commençait par le début : réduire nos émissions en Suisse en consommant moins. Il ne s’agit pas de retourner à l’époque des hommes de caverne mais de limiter notre dépendance aux énergies fossiles. Avec un peu de bon sens, chaque personne, chaque collectivité publique, chaque entreprise peut y trouver son compte.

Certaines entreprises l'on bien comprit et profitent de nombreux avantages à travers leurs engagements dans la réduction des émissions de CO2 : réduction des charges, ajouter de la valeur à l'entreprise ou au produits, limiter les risques (notamment liés aux taxes et au prix de l'énergie), augmenter la motivation des collaborateurs.

De leur côté, les particuliers peuvent découvrir des gestes simples grâce à l'exposition "l'oracle du Papillon" qui se tient en ce moment même à Fribourg et qui donne de nombreuses pistes pour que nous puissions à titre personnel atteindre l'objectif de -20% en 2020.

La réduction des émissions de CO2 et la protection du climat ne se sont pas une contrainte, c'est une chance. Nous pouvons en faire un avantage à titre personnel, au niveau de nos entreprises de nos collectivités ainsi qu'au niveau national.

19:30 RTS Communiqué OFEV

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