Parmi les nouvelles incessantes sur le changement climatique, on peut observer ces dernières semaines des signaux qui laissent penser à un accroissement du fardeau règlementaire en matière de CO2. Il s’agît par exemple de la fiscalité écologique lié à la sortie du nucléaire dans la stratégie énergétique 2050 du gouvernement suisse ou encore le message provenant du FMI et de la banque mondiale qui prônent une généralisation de la taxe carbone. Sans compter sur les conséquences du scandale Volkswagen qui vont très probablement augmenter les coûts réglementaires sur toute la filière automobile active sur le marché américain et probablement européen aussi. Cette tendance s’accroît et augmente la pression sur les entreprises. Elle est renforcée par une tendance croissante des fonds d’investissement a « décarboniser » leur portefeuille (étude OFEV). L’Office Fédéral de la Statistique estime que les recettes des impôts liés à l’environnement ont plus que doublé dans la dernière décennie non seulement en valeur absolue mais également en pourcentage du PIB.  Les entreprises n’ont donc en principe pas beaucoup de raison de se réjouir face à cette augmentation des risques. Mais faut-il vraiment s’inquiéter?

Notre expérience montre qu’il existe grosso modo deux typologies d’entreprises. Les premières ont une gestion du risque proactive. Celles-ci constatent que, dans le cas du CO2, il existe depuis des années un risque CO2 sous-jacent et elles se préparent à y faire face. Elles l’ont fait notamment en mesurant ce risque en fixant un prix interne du CO2 ou en réalisant un bilan carbone. Les plus dynamiques en ont même fait une opportunité de marché en développant des solutions qui aident leurs clients à diminuer la charges liées aux ressources naturelles ou en communiquant de manière transparente dans le but de montrer la maîtrise de ce risque. Les entreprises saisissent les opportunités présentes dans la lutte contre le changement climatique.

Une deuxième catégorie de firmes, enfin, néglige ce risque et a tendance à considérer qu’une gestion environnementale proactive, une réduction de la dépendance à l’énergie, des besoins en eau et la gestion des déchets, rime avec des coûts supplémentaires. La perception est que même si une veille du risque climatique est à la portée des grandes entreprises et comme des PME, elle est un élément perturbateur des processus.

 

Les avantages d’une gestion active du CO2 sont pourtant explicites :

  • Réduction de la dépendence des matières premières et des fluctuations des prix du marché
  • Réduction des coûts
  • Limitation des risques liés aux taxes et aux redevances

 

Comme souvent dans ces cas les forces du marché feront leur travail. Clients, régulateurs, tribunaux, et aussi le climat lui-même récompenseront les entreprises les plus clairvoyantes et rendront la vie difficile à celles qui négligent l’impact climatique de leurs activités. L’internalisation des coûts générés par le CO2 est le seul moyen d’atteindre l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C. Comme l’affirme la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, « Plus nous tarderons, plus il sera coûteux et difficile de préserver la planète ». Parions donc que les contraintes vont continuer à augmenter et rattraperont les entreprises qui tardent à intégrer le CO2 dans leur gestion.